Tertiaire & industrie

Calorifugeage et CEE en 2026 : quelles fiches sont encore éligibles

Isoler des tuyauteries et des équipements qui transportent du chaud ou du froid est l'une des opérations d'économies d'énergie les plus simples à justifier. Pour le calorifugeage et les CEE, le piège est ailleurs : le catalogue des fiches a changé à l'été 2025, et beaucoup de pages en ligne décrivent encore des fiches supprimées. Voici ce qui reste éligible, avec les seuils et les justificatifs de la fiche officielle.

Publié le · DST Rénov

Calorifugeage et CEE : ce qui a changé le 1er août 2025

Un arrêté du 27 juin 2025, publié le 8 juillet 2025, a supprimé dix fiches d'opérations standardisées pour les opérations engagées à compter du 1er août 2025. C'est ce que rapporte la Fédération française du bâtiment.

Parmi les fiches supprimées figurent celles qui couvraient l'isolation d'un réseau hydraulique de chauffage ou d'eau chaude sanitaire dans le résidentiel (BAR-TH-160) et dans le tertiaire (BAT-TH-146), ainsi que l'isolation des points singuliers d'un réseau dans le tertiaire (BAT-TH-155), dans l'industrie (IND-UT-121) et sur les réseaux de chaleur (RES-CH-107).

Sont en revanche maintenues, selon la même source, la fiche RES-CH-106 de calorifugeage des canalisations d'un réseau de chaleur et la fiche résidentielle BAR-TH-161 d'isolation de points singuliers d'un réseau, dans une version révisée.

Pour l'industrie, la fiche IND-UT-131, qui traite de l'isolation des parois planes ou cylindriques, figure au catalogue officiel du ministère de la Transition écologique.

Ce que couvre la fiche IND-UT-131

La fiche s'applique au secteur de l'industrie. Elle vise la mise en place d'une isolation thermique sur les surfaces planes ou cylindriques d'une installation industrielle fixe utilisant un fluide à une température comprise entre -80 °C et 10 °C, ou supérieure à 40 °C.

Sont compris dans l'installation les équipements de production, de transfert, de stockage ou d'utilisation du fluide : autrement dit les tuyauteries, mais aussi les cuves, ballons et autres équipements.

Sont exclues l'isolation des points singuliers, qui relevait de la fiche IND-UT-121, l'isolation par injection et l'isolation d'une installation industrielle en système ouvert.

L'isolation doit être réalisée sur un réseau non isolé, ou sur une installation dont l'isolation existante présente une résistance thermique inférieure d'un facteur deux à celle que la fiche attend.

Les résistances thermiques à atteindre

La performance se mesure par la résistance thermique simplifiée, notée R', qui est le rapport entre l'épaisseur d'isolant et sa conductivité thermique à la température de service.

Pour les tuyauteries et équipements cylindriques de diamètre inférieur à 508 mm, la fiche exige un R' d'au moins 2,1 m².K/W pour un fluide entre -80 °C et -10 °C, 0,8 m².K/W entre -10 °C et 10 °C, 1,8 m².K/W entre 40 °C et 300 °C, et 1,4 m².K/W au-delà de 300 °C.

Pour les surfaces planes et les équipements de diamètre supérieur ou égal à 508 mm, les seuils sont de 2,8 m².K/W entre -80 °C et -10 °C, 1,0 m².K/W entre -10 °C et 10 °C, 2,8 m².K/W entre 40 °C et 300 °C, et 2,4 m².K/W au-delà de 300 °C.

La pose doit être réalisée par un professionnel et respecter la norme NF DTU 45.2 d'avril 2018, ou toute norme équivalente.

Les justificatifs à conserver

La preuve de réalisation doit mentionner la mise en place d'une isolation sur une installation industrielle, avec la marque, la nature et les références de l'isolant, et la quantité posée en mètres carrés ou en mètres linéaires.

Elle est accompagnée d'un document du fabricant précisant les caractéristiques thermiques de l'isolant, en particulier sa conductivité thermique en fonction de la température du fluide.

À l'issue des travaux, le professionnel établit un état récapitulatif, daté et signé par lui et par le bénéficiaire. Il reprend les conductivités, épaisseurs, résistances thermiques et références des surfaces isolées, la plage de températures de service, le total isolé et le mode de fonctionnement de l'installation.

C'est ce dossier, et non la qualité du chantier seule, qui conditionne la délivrance des certificats.

Comment le volume de certificats est calculé

Le volume dépend de trois éléments : la température du fluide, la longueur ou la surface isolée, et le mode de fonctionnement de l'installation.

Pour une tuyauterie de diamètre inférieur à 508 mm, la fiche attribue par exemple 1 050 kWh cumac par mètre pour un fluide entre 40 °C et 100 °C, 1 900 entre 100 °C et 300 °C, 300 entre -80 °C et -10 °C, et 180 entre -10 °C et 10 °C.

Un coefficient multiplicateur tient compte du fonctionnement : 1 pour une installation en une équipe de huit heures, 2,2 en deux équipes, 3 en trois équipes avec arrêt le week-end, 4,2 en trois équipes sans arrêt.

À titre d'illustration du calcul, et non d'un montant en euros : 100 mètres de tuyauterie à un fluide entre 40 °C et 100 °C représentent 105 000 kWh cumac en une équipe, et 441 000 en trois équipes sans arrêt. La valeur d'un kWh cumac varie sur le marché : elle ne figure pas dans la fiche.

La durée de vie conventionnelle retenue est de 10 ans.

Et dans un logement ou un immeuble de logements

Pour les logements, la fiche CEE de calorifugeage des réseaux a disparu avec la suppression de BAR-TH-160. Il reste la fiche sur les points singuliers, BAR-TH-161, dont je n'ai pas relu ici les conditions : à vérifier avant de la citer sur un devis.

Côté TVA, le calorifugeage des installations de production ou de distribution de chaleur ou d'eau chaude sanitaire figure parmi les prestations éligibles au taux de 5,5 %, d'après la doctrine fiscale publiée au BOFiP, dans un logement achevé depuis plus de deux ans et sous réserve du respect des prescriptions techniques.

Pour un chantier qui accompagne le remplacement d'un chauffage par une pompe à chaleur, c'est un poste à ne pas négliger : une pompe à chaleur alimente un circuit dont les pertes se paient en électricité.

Avant de lancer un chantier de calorifugeage

Vérifiez que la fiche visée existe toujours et que l'opération est engagée à une date où elle est en vigueur : une fiche supprimée ne donne plus de certificats pour les opérations engagées après sa suppression.

Relevez les températures de service, les diamètres et les longueurs : ce sont elles qui déterminent la résistance thermique exigée et le volume de certificats.

Demandez que le devis cite la fiche d'opération, l'isolant et sa conductivité, et prévoyez l'état récapitulatif de fin de chantier.

Comme pour tous les travaux aidés, la valorisation des certificats se règle avant l'engagement de l'opération, pas après.

Pour étudier votre installation, décrivez-nous votre site par le formulaire en précisant que vous êtes une entreprise : activité, fluide, températures, longueurs et mode de fonctionnement suffisent pour un premier avis.

Les fiches de calorifugeage résidentiel (BAR-TH-160) et tertiaire (BAT-TH-146) et d'isolation des points singuliers (BAT-TH-155, IND-UT-121) ont été supprimées pour les opérations engagées depuis le 1er août 2025, selon la FFB. Pour l'industrie, la fiche IND-UT-131 reste au catalogue : R' minimal selon la température et le diamètre, pose par un professionnel selon le NF DTU 45.2, état récapitulatif daté et signé, durée de vie de 10 ans. Vérifiez toujours la version en vigueur à la date d'engagement.

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